Tandis que le thermomètre commence à plonger, des inquiétudes s’élèvent. En cause : les factures d’énergie de la saison. De fait, chaque hiver, plus d’un ménage sur cinq est menacé par la précarité énergétique. Qui est touché ? Quels sont les risques ? Quelles solutions existent ? Quid de la trêve hivernale ? Nous passons au crible la situation en Belgique.


Sommaire :


« L’incapacité pour un ménage d’accéder – dans son logement – à l’énergie qui lui est nécessaire, pour un coût abordable au regard de ses revenus. »

C’est ainsi que le Forum Bruxellois de Lutte Contre la Pauvreté définit la précarité énergétique. En d’autres termes, un ménage est énergétiquement précaire lorsque payer sa facture de chauffage ou d’électricité le met en difficulté financière.

Ce fléau, toujours aussi virulent malgré des hivers plus doux ces dernières années, met de nombreux ménages belges dans une situation délicate. D’après les derniers chiffres publiés par la Fondation Roi Baudouin, 21,7% d’entre eux étaient ainsi concernés en 2017. Ce chiffre s’alourdit d’autant plus si l’on regarde de façon isolée la Wallonie et la Région Bruxelloise (respectivement 27,8% et 28,3%). Les ménages flamands, par contre, s’en tirent mieux (15,9%). Il existe pourtant des initiatives qui tentent d’enrayer ces statistiques, mais il semblerait qu’elles ne soient pas suffisantes. Pour mieux cerner les solutions envisageables, tentons d’abord de percer le problème de fond.

Qui est concerné par la précarité énergétique ?

La Fondation Roi Baudouin publie chaque année un baromètre de la précarité énergétique en Belgique. Il permet de se faire une idée très précise de l’évolution de la situation dans notre pays. Notons que la méthodologie appliquée par la Fondation s’articule autour de trois types de précarité distincts :

  • La précarité énergétique mesurée – elle touche les ménages qui dépensent plus de 11,8% de leurs revenus disponibles pour payer leurs factures d’énergie, soit deux fois plus que les ménages moyens (5,9%).
  • La précarité énergétique cachée – elle désigne le cas où un ménage diminue tellement sa consommation d’énergie, qu’elle en devient anormalement faible. Cela peut avoir des conséquences graves sur la santé des membres du ménage.
  • La précarité énergétique subjective – elle concerne les personnes qui considèrent de leur propre avis qu’elles ne disposent pas de moyens suffisants pour chauffer leur logement.

Cette distinction permet de mieux comprendre les différents cas dans lesquels peut se retrouver un individu en détresse par rapport à sa consommation d’énergie. En outre, le dernier rapport du baromètre (publié en mars 2019) montrait également que la précarité énergétique touchait de façon particulièrement significative les groupes de personnes suivants :

  • Ceux considérés en risque de pauvreté ;
  • Les personnes isolées (essentiellement des femmes et/ou personnes âgées) ;
  • Les familles monoparentales (essentiellement des mères avec enfant(s)).

Un rapport de la CREG publié en décembre 2019 tire des conclusions semblables, bien qu’elles se basent sur un échantillon d’étude plus réduit. Le triste constat que l’on peut donc en faire, c’est que ce problème touche essentiellement des personnes dont la situation sociale générale est déjà difficile.

Un budget toujours plus serré

Un ménage qui tente d'économiserPenchons-nous maintenant sur les causes menant à une situation de précarité énergétique. En vérité, elles sont complexes et variées, et surtout, elles dépendent intimement de la situation personnelle de chaque ménage concerné. On peut cependant isoler certains facteurs qui reviennent régulièrement :

  • Un revenu insuffisant

Ce n’est pas un hasard si les personnes en risque de pauvreté sont particulièrement touchées par le phénomène. Un revenu disponible faible entraîne forcément des difficultés de paiement, non seulement pour leur facture d’énergie, mais aussi pour toutes leurs autres dépenses quotidiennes.

  • Des coûts de logement en constante croissance

Le coût du logement prend une place de plus en plus importante dans les budgets de toutes classes sociales confondues. Une fois son loyer payé, un ménage peut ainsi se retrouver dans une situation financière inconfortable. Cela impactera donc sa capacité à payer ses factures d’énergie et peut le pousser à se priver volontairement de chauffage.

  • Une mauvaise isolation

Une facture de chauffage élevée est souvent causée par une mauvaise isolation de l’habitation. De nombreux ménages pourraient en réalité sortir de leur situation de précarité énergétique en effectuant quelques travaux d’isolation.

  • Le prix de l’énergie

Toutes les causes précitées sont dépendantes d’un même problème de fond : le prix de l’énergie. Se chauffer et s’éclairer ont un coût non négligeable en Belgique. Bien que les consommateurs puissent parfois profiter d’une baisse de prix sur les marchés de l’énergie, ce n’est pas toujours suffisant pour soulager significativement leurs factures de chauffage et d’électricité. La situation s’empire si le mode de chauffage est électrique. Il est en effet beaucoup plus coûteux de se chauffer à l’électricité qu’au gaz, au mazout ou au bois (briques ou pellets).

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Quelles conséquences pour ceux en défaut de paiement ?

Femme qui a froid et qui est collée au radiateur

Dans certaines situations, votre gestionnaire de réseau peut couper votre fourniture électrique et de gaz.

Une précarité énergétique peut signifier ne pas pouvoir payer du tout sa facture d’énergie. Qu’arrive-t-il si vous vous retrouvez dans ce cas ? Que risquez-vous ? Durant les mois les plus froids de l’année, le concept de la trêve hivernale permet, dans une certaine mesure, de vous mettre à l’abri d’une situation délicate. En principe, cette trêve empêche votre expulsion et une coupure d’énergie (électricité, gaz, eau) en cas de loyers ou de factures impayés. En principe. Car si en France la trêve hivernale connaît peu de restriction, la situation est quelque peu différente en Belgique. En effet, d’une part, l’interdiction d’expulsion ne s’applique que si vous occupez un logement social. D’autre part, concernant les contrats d’énergie, chaque région gère la situation différemment.

État de la trêve hivernale pour la fourniture d’énergie en Belgique

En Wallonie, la trêve hivernale s’étend du 1er novembre au 15 mars. Si vous êtes en défaut de paiement durant cette période, votre GRD peut vous imposer un compteur à budget. Rien ne vous oblige à accepter l’installation d’un tel compteur, mais ce sera à vos risques et périls. Votre fournisseur peut en effet demander à couper votre alimentation en gaz ou en électricité en cas de refus. Des exceptions s’appliquent si vous êtes un client protégé – un statut que vous avez le droit de demander auprès de votre CPAS si vous recevez un courrier de mise en demeure par votre fournisseur de gaz ou d’électricité.

À Bruxelles, vous êtes protégé du 1er octobre au 31 mars. Quoi qu’il arrive, votre logement ne peut pas être privé d’électricité ou de gaz. Sibelga, le GRD de la région, est obligé de vous fournir durant la période susmentionnée. Celle-ci peut d’ailleurs être prolongée au-delà du 31 mars en cas d’hiver rude.

En Flandre, les conditions spéciales s’appliquent du 1er décembre au 1er mars. Une coupure d’énergie est autorisée uniquement dans certains cas spécifiques (fraude de compteur de votre part, présence de danger, etc.).

Les aides publiques disponibles

Maison, calculatrice et argentSi vous avez du mal à régler vos factures d’énergie, sachez que vous pouvez bénéficier de plusieurs formes d’accompagnement auprès du CPAS de votre région. Nous avons déjà évoqué le statut de client protégé précédemment, mais il existe également le Fonds Gaz Électricité. C’est une aide matérielle mise en place pour vous permettre de mieux appréhender vos besoins énergétiques. Elle peut vous aider par exemple à acheter des appareils moins énergivores ou encore à faire de petits travaux de rénovation.

Les CPAS et la Fondation Roi Baudouin tiraient cependant la sonnette d’alarme en octobre 2019. En effet, ces institutions estiment qu’un refinancement du Fonds devient urgent pour que les actions entreprises soient vraiment efficaces. Alexandre Viviers, manager dans un cabinet de conseil bruxellois, déclarait même qu’il manque 30 millions d’euros par an au Fonds Gaz Électricité pour remplir correctement sa mission.

Néanmoins, toute aide, même minime, est bonne à prendre en situation de précarité énergétique. Si vous pensez être dans le cas, nous ne pouvons que vous encourager à prendre contact au plus vite avec votre CPAS.

Quelles solutions au niveau personnel ?

N’hésitez pas non plus à être proactif et à prendre des initiatives pour réduire vos dépenses d’énergie. Il existe d’innombrables façons de réduire sa facture de chauffage et d’électricité. Cela dit, si vous ne deviez retenir que deux choses, c’est, d’une part, vérifier l’isolation de votre habitation et d’autre part comparer régulièrement vos prix. Avec ces deux éléments, vous devriez déjà être en mesure de faire des économies substantielles sur vos factures d’énergie.

Une bonne isolation : une base primordiale

De nombreux cas de précarité énergétique sont dus à une mauvaise isolation. Il est donc absolument crucial que vous vérifiiez le bon état de votre habitation à ce niveau. Avez-vous du double vitrage ? Votre toiture et vos murs sont-ils correctement isolés ? Si la réponse est non, nous vous recommandons d’entreprendre au plus vite des travaux de rénovation ou d’en parler à votre propriétaire. Certes, cela peut vous demander un certain budget, mais les économies à réaliser sur vos futures factures de chauffage en valent largement la chandelle. De plus, n’oubliez pas que vous pouvez bénéficier de Primes Habitation pour vos travaux, et que, si ce n’est pas suffisant, vous pouvez faire une demande pour obtenir l’aide du Fonds Gaz Électricité, comme mentionné précédemment. Enfin, notons qu’un système d’achat groupé peut vous permettre de profiter de prix avantageux pour vos travaux d’isolation.

>> Vidéo : Qu’est-ce qu’un achat groupé ?

Comparez, encore et toujours

On ne le répétera jamais assez : il est indispensable de comparer vos contrats d’énergie régulièrement. C’est d’autant plus le cas si vous rencontrez des difficultés à payer vos factures. Peut-être possédez-vous un contrat d’énergie dépassé et onéreux pour le moment ? Vérifiez-le. Il est possible qu’en changeant de fournisseur, vous puissiez économiser plusieurs centaines d’euros sur vos dépenses annuelles en électricité et gaz. Renseignez-vous également sur les avantages d’un contrat à prix fixe et ceux d’un contrat à prix variable. Lequel vous conviendrait le mieux ?

En somme, nous conseillons fortement à tous les consommateurs de vérifier au moins une fois par an qu’ils bénéficient bien des meilleurs prix auxquels ils ont droit. C’est le premier pas à effectuer pour éviter une situation de précarité énergétique ou d’en sortir.

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Vous avez d’autres questions ? Nous sommes à votre disposition pour vous accompagner. N’hésitez à appeler nos conseillers au 0800 37 369 pour vous aider à trouver le contrat d’énergie qui vous conviendrait le mieux.

 

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