Nous consommons tous de l’électricité, mais savons-nous toujours comment elle est produite ? De quoi est composé le mix énergétique en Belgique ? Et qu’est-ce que c’est au juste ? Est-ce qu’un changement dans le mix peut influencer votre consommation d’électricité ? Nous nous penchons sur le sujet afin de vous aider à y voir plus clair.

Le mix énergétique en Belgique en 2019

Tout d’abord, il est important de rappeler ce qu’est le mix énergétique. Il s’agit de la répartition des différentes sources d’énergie utilisées dans la production d’électricité. Pour cette raison, on parle aussi parfois de mix électrique.

Les sources d’énergie en question sont nombreuses. Néanmoins, on peut facilement les classer dans trois grosses catégories : les énergies fossiles (gaz), les énergies renouvelables (énergie solaire, énergie éolienne, biomasse, énergie hydraulique, etc.) et l’énergie nucléaire (uranium et plutonium).

En Belgique, c’est l’énergie nucléaire qui domine, suivie du gaz, puis de l’éolien (terrestre et offshore), et enfin du solaire. Les autres sources d’énergie sont plus anecdotiques.

mix energetique belge en 2018

Source : Elia

mix energetique belge en 2019

Source : Elia

 

Le nucléaire, le gaz et l’éolien en mer en progression

D’après les statistiques d’Elia, le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité, l’énergie nucléaire représente ainsi près de 50 % du mix énergétique (48,8 % plus précisément) en 2019, contre 27,3 % en 2018. Rappelons que cette année-là, de nombreux réacteurs nucléaires avaient dû être mis à l’arrêt. Cela avait amené une forte augmentation de l’importation d’électricité pour couvrir la consommation du pays. Les centrales concernées ont pu reprendre leurs activités en 2019, ce qui explique cette nette augmentation.

Concernant la part du gaz, elle a également légèrement augmenté, passant de 24.4 % du mix en 2018 à 27,2 % en 2019. Elia avance qu’une des raisons à cette hausse de production est le retour sur le marché des centrales de Seraing et de Vilvorde. Et pour cause, leur production combinée en 2019 a atteint 2,58 TWh.

Notons ensuite une progression limitée, mais encourageante, de la part des énergies renouvelables (+17 % en valeur absolue). L’énergie éolienne, et plus précisément l’éolien offshore (c’est-à-dire en mer), se distingue particulièrement. Cela s’explique par un investissement croissant dans cette source d’énergie par différents acteurs belges. Il faut ainsi s’attendre à ce que le parc éolien situé au large de la côte belge continue à croître fortement.

Belgique, exportatrice d’électricité

Enfin, il est intéressant de noter que grâce à cette excellente productivité, notre pays a exporté plus d’énergie qu’elle n’en a importé en 2019, notamment au cours de la deuxième moitié de l’année. Cela faisait presque 10 ans que cette situation n’était plus arrivée. L’exportation nette s’élève ainsi à 2,1 % du mix, alors que l’importation représentait un cinquième du mix en 2018.

mix energetique belge par mois

Source : Elia

Comment le mix énergétique va-t-il évoluer ?

Le monde de l’énergie est en pleine ébullition, il est fort à parier que le mix énergétique actuel de la Belgique sera bouleversé dans les prochaines années. Oui, mais comment ? Nul ne le sait encore. Entre la sortie du nucléaire prévue en 2025, l’engagement de l’Europe à devenir neutre en carbone pour 2050 et les impératifs propres à chaque Région, aucune tendance ne semble se dessiner très clairement. Dans tous les cas, les impératifs climatiques devraient logiquement mener à augmenter la part du renouvelable. Mais le pays en a-t-il les moyens ?

Le nucléaire, un débat sans fin ?

Le nucléaire comporte des risques que l’on ne présente plus : problème des déchets radioactifs, risque d’incident à l’ampleur catastrophique (tel que l’histoire nous l’a démontré), le traitement des eaux utilisées par la centrale, etc. On pourrait donc penser que la Belgique a tranché la question depuis longtemps, puisque la législation belge a prévu la sortie du nucléaire pour 2025. Cependant, dans les faits, l’état des choses est plus complexe.

Comme l’indique le mix énergétique, le pays est extrêmement dépendant de cette source de production d’électricité. Si l’on doit se passer de l’énergie nucléaire, il faudra prévoir une autre source de production pour couvrir la consommation électrique du pays. Une des solutions couramment envisagées est la construction de centrales à gaz supplémentaires. Le problème, c’est que ces centrales à gaz émettent une quantité importante de CO2, alors que les centrales nucléaires n’en rejettent pas. Si la Belgique veut tenir ses objectifs environnementaux, ce ne serait donc pas le meilleur choix. Reste la possibilité d’importer de l’électricité des pays voisins. Mais là encore, cela comporterait un inconvénient majeur, celui d’augmenter fortement le coût du transport d’électricité.

Il semblerait donc qu’il n’y ait pas de solution idéale, et qu’il faudra donc prendre “la moins pire”. Il reste désormais à déterminer de laquelle il s’agira… À moins que les technologies renouvelables ne sauvent la mise ?

La montée en puissance de l’éolien en mer

Un bon augure soufflerait-il depuis la mer du Nord ? On constate en tout cas que l’intérêt de la Belgique pour l’éolien offshore ne fait que grandir. Des projets surgissent de partout, qu’ils soient menés par des coopératives citoyennes ou bien des institutions établies. Il apparaît ainsi que ces hélices géantes ont de beaux jours devant elles à la côte belge, renforçant la transition énergétique.

La question est désormais de savoir comment optimiser la production. En effet, les éoliennes, qu’elles soient terrestres ou en mer, dépendent d’un facteur météorologique aléatoire. Si le vent est calme, elles sont en sous-production, et quand il souffle plus fort, il y a une surproduction. Ce phénomène n’est pas forcément très bénéfique, puisque l’électricité reste encore difficile à stocker. Mais des solutions se dessinent doucement, telles que le projet d’usine à hydrogène vert de Colruyt. S’il devait aboutir, une partie du surplus d’électricité pourrait ainsi être transformé en gaz, qui est beaucoup plus facile à stocker.

Mais à terme, la Belgique pourra-t-elle se munir d’un mix énergétique 100 % vert pour autant ? Dans l’idéal, il le faudrait. Dans les faits, les moyens semblent encore fort limités. D’aucuns disent que la Belgique n’a pas les ressources pour fonctionner uniquement avec des énergies renouvelables (ensoleillement pas assez abondant pour l’énergie solaire, vent trop aléatoire pour l’éolien, géographie pas adaptée pour de l’hydroélectrique, etc.). Néanmoins, il semble inévitable que la partie renouvelable prenne de plus en plus d’ampleur dans les prochaines années, voire qu’elle devienne majoritaire dans le mix énergétique belge.

Et le consommateur dans tout cela ?

La composition du mix énergétique n’a que peu d’influence directe sur les consommateurs. Etant donné que toutes les sources de productions font acheminer leur électricité sur le même réseau de transport et de distribution, l’électricité que vous consommez chez vous est indifférente, quelle que soit la part du nucléaire ou du renouvelable qui la compose.

Un impact sur la facture ?

Notez cependant que si la production d’électricité du pays est globalement basse par rapport à la demande, cela pourrait faire augmenter votre facture finale. L’impact sera généralement minime, puisque le coût de l’énergie en tant que tel ne représente qu’une partie du prix que vous payez effectivement. Attention toutefois aux cas extrêmes où certaines centrales seraient forcées d’être en arrêt pendant plusieurs mois et où une pénurie d’électricité menacerait le pays. Si cela devait arriver, la facturation finale pourrait subir de fortes hausses de prix.

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Vous pouvez faire la différence

Enfin, si le mix énergétique impacte peu les citoyens, ces derniers en revanche, peuvent éventuellement l’influencer. Parmi les moyens possibles : une augmentation accrue de l’utilisation de panneaux photovoltaïques, ou encore opter pour un fournisseur vert. En montrant clairement leur volonté de consommer de l’électricité issue de sources renouvelables, les producteurs d’énergie devront trouver le moyen de répondre à cette tendance en multipliant les initiatives en ce sens. Cela pourrait faire lever quelques barrières ou réticences à investir dans la production d’électricité verte.

Le choix d’un fournisseur vert : pas toujours une évidence

Les fournisseurs d’électricité n’ont pas toujours la mainmise sur la partie production, sauf certains d’entre eux qui portent la double casquette de producteur-fournisseur, comme ENGIE ou Luminus. Par conséquent, de nombreux fournisseurs constituent leur propre mix énergétique en acquérant leur électricité brute auprès de divers producteurs, selon leurs besoins et leur stratégie. Ce mix peut ainsi fortement varier d’un fournisseur à l’autre. Ils vont ensuite le proposer à leurs clients au travers d’offres distinctes.

C’est là qu’il vous faudra  être attentif si vous tenez à consommer de l’énergie intégralement renouvelable. En effet, certains fournisseurs peuvent vous proposer des offres 100 % vertes grâce à l’acquisition de “labels de garantie d’origine”. Cependant, ces labels signifient simplement qu’une partie de l’électricité que le fournisseur a achetée provient d’une source renouvelable. Ils ne garantissent pas que l’entièreté de l’électricité dont vous bénéficiez soit belle et bien verte. C’est d’ailleurs difficilement le cas si le fournisseur en question possède un mix énergétique majoritairement composé d’énergies fossiles ou nucléaires. Notez que vous pouvez toujours vérifier le mix énergétique de votre fournisseur sur votre facture.

Toutefois, tous les fournisseurs ne sont pas “gris” pour autant. De fait, il en existe beaucoup dont l’offre est majoritairement, ou même entièrement, constituée d’électricité verte. C’est le cas notamment des coopératives vertes (Cociter, Energie 2030, etc.) ou encore d’Eneco qui investit massivement dans l’éolien.

Conclusion : à vous de négocier le tournant de la transition énergétique

Le mix énergétique en Belgique de demain ne peut être le même que celui d’aujourd’hui, et nous sommes résolument à un moment charnière de l’industrie de l’énergie telle que nous la connaissons. Le nucléaire, malgré ses avantages, laisse trop de doutes quant à sa sécurité. Le fossile n’a plus sa place dans le contexte climatique actuel. Et le renouvelable est encore à ses balbutiements.

Malgré tout, les choses changent. Doucement, mais sûrement. Peut-être est-ce le moment pour vous de changer aussi ? Par exemple, vous pouvez commencer par produire une partie de votre électricité avec des panneaux photovoltaïques, ou bien tout simplement choisir un fournisseur plus vert.

Pour que cela ne se fasse pas aux dépens de votre budget, vous pouvez utiliser notre comparateur de prix qui intègre la composante du renouvelable dans vos critères de recherche. Si vous préférez être guidé de façon personnalisée, n’hésitez pas à contacter un de nos conseillers en énergie pour discuter de votre situation au 0800 37 369.

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