
Trop peu de concurrence sur le marché belge de l’énergie: voici les éventuelles conséquences
Ces dernières années, le nombre de fournisseurs d’énergie actifs en Belgique a baissé. Selon la fédération sectorielle FEBEG, ceci signifie que le marché s’est affaibli. Et cet affaiblissement a également un impact sur les consommateurs…
En 2020, notre pays comptait 21 fournisseurs d’électricité et 20 fournisseurs de gaz naturel. Fin 2022, ces nombres ont baissé respectivement jusqu’à 17 pour l’électricité et 16 pour le gaz naturel. Les régulateurs de l’énergie évaluent le degré de concentration du marché de l’énergie non seulement sur base du nombre d’acteurs, mais également sur base de l’indice Herfindahl-Hirschman (HHI). Vous pouvez le calculer en additionnant le carré de la part de marché de tous les fournisseurs sur un marché particulier. Un exemple: s’il y a 4 opérateurs disposant chacun d’une part de marché de 25%, le HHI égal 4 fois 25 au carré (ou 2.500). Les économistes affirment qu’un HHI inférieur à 2.000 est approprié et qu’un HHI supérieur à 2.500 indique des risques pour le fonctionnement du marché. Après 2020, l’indice HHI pour le marché de l’énergie dans notre pays a franchi le cap de 2.500 à chaque fois. En 2020, le HHI s’élevait à 2.752 pour l’électricité et à 2.638 pour le gaz naturel.
Des reprises, des faillites et de la politique
Selon le Régulateur fédéral de l’énergie, la baisse du nombre de fournisseurs depuis 2021 est due à quelques reprises et faillites. «Par ailleurs, il y a l’impact de quelques décisions politiques qui rendent le marché belge de l’énergie moins intéressant pour les fournisseurs. Les fournisseurs d’énergie doivent également respecter des règles plus strictes pour pouvoir accéder au marché. Finalement, le nombre d’obligations de service public (OSP) qui leur incombent, est à la hausse, notamment en Région wallonne et en Région de Bruxelles-Capitale. Par conséquent, leurs marges bénéficiaires sont réduites.» Marc Van den Bosch, directeur général de la fédération sectorielle FEBEG, considère les marges bénéficiaires réduites comme un euphémisme. «Les résultats financiers de 2022 des principaux fournisseurs d’énergie belges indiquent des pertes financières considérables. Il est absolument nécessaire que les autorités concernées rétablissent la dynamique concurrentielle, en particulier à Bruxelles et en Wallonie. Ceci implique une limitation des coûts pour les OSP.»



